Archive pour la catégorie ‘Spiritualité’
Le dernier sermon du Prophète Mohamed (sws), au Mont ‘Arafat
« Ô peuple ! P
rêtez-moi une oreille attentive, car je ne sais pas si je serai encore parmi vous l’an prochain.
Alors, écoutez ce que je dis avec beaucoup d’attention et transmettez ces mots à ceux qui ne pouvaient être présents aujourd’hui.
Ô peuple ! Tout comme vous considérez ce mois, ce jour, cette cité sacrée, considérez aussi la vie et la propriété de tout Musulman comme sacrées. Rendez les biens qu’on vous a prêtés à leurs propriétaires de droit. Ne faites de mal à personne de façon à ce qu’on ne vous fasse pas de mal. Souvenez-vous qu’un jour vous rencontrerez votre Seigneur et Il vous demandera des comptes sur vos actions en ce monde. Dieu vous a interdit l’usure.
Alors, toute obligation usuraire doit désormais être annulée. Votre capital est à vous. Vous n’infligerez ni souffrirez d’aucune iniquité. Dieu a jugé qu’il n’y devait pas y avoir d’intérêt et que tout intérêt du à Abbas Ibn ‘Abd ‘Al Muttalib doit être annulé.
Tous les droits (à la vengeance) découlant des homicides de la période pré-islamique sont désormais annulés et les premiers que j’abolis sont ceux qui découlent du meurtre de Rabiah Ibn Al Harith.
Ô peuple ! Les incroyants jouent avec le calendrier afin de rendre permissible ce que Dieu a interdit et interdire ce que Dieu a permis. Selon Dieu, les mois sont au nombre de douze. Quatre d’entre eux sont saints. Trois d’entre eux sont successifs et un survient entre les mois de Jumada et de Shaban.
Faites attention au Diable, pour le bien de votre religion. Il a perdu tout espoir de vous égarer par les grands péchés, alors faites attention de le suivre dans les petits péchés.
Ô peuple ! Il est vrai que vous avez des droits sur vos femmes, mais elles ont aussi des droits sur vous.
Souvenez-vous que vous les avez prises comme femmes seulement avec la permission et de Dieu et en remplissant un pacte avec Lui. Si elles vous restent fidèles, alors il leur revient le droit d’être nourries et vêtues dans la gentillesse. Traitez bien vos femmes et soyez gentils avec elles, car elles sont vos partenaires et vos assistantes dévouées. Et c’est votre droit qu’elles ne fréquentent pas des gens que vous n’approuvez pas, ainsi que de ne jamais être infidèles. O peuple ! Écoutez-moi avec sincérité. Adorez Dieu, accomplissez vos cinq prières quotidiennes, jeûnez pendant le mois du Ramadan et donnez de votre bien en Zakat (charité). Faites le Hajj (pèlerinage), si vous le pouvez.
Toute l’humanité descend d’Adam et Eve. Un Arabe n’est pas supérieur à un non-Arabe et un non-Arabe n’est pas supérieur à un Arabe. Un blanc n’est pas supérieur à un noir et un noir n’est pas supérieur à un blanc – seulement par la piété et la bonne action. Sachez que chaque Musulman est le frère de chaque Musulman et que les Musulmans constituent une fraternité. Le bien d’autrui n’est pas légitime pour un Musulman excepté celui que son frère lui donne de plein gré. Alors, ne vous faites pas d’injustice à vous-mêmes. Souvenez-vous qu’un jour vous rencontrerez Dieu et répondrez pour vos actions en ce monde. Alors faites attention ! Ne vous égarez pas du chemin de la piété après mon départ.
Ô peuple ! Aucun prophète ou messager ne viendra après moi et aucune nouvelle croyance ne naîtra. Raisonnez bien alors, O peuple, et comprenez les mots que je vous transmets. Je laisse derrière moi deux choses : le Coran et ma Sounna et si vous les suivez, vous ne vous égarerez jamais.
Tous ceux qui écoutent devront transmettre mes paroles aux autres et les autres, à d’autres encore, de façon à ce que les derniers comprennent mes paroles encore mieux que ceux qui m’écoutent directement. Sois témoin, O Dieu, que j’ai transmis Ton message à Ton peuple ».
30 conseils relatifs à la repentance et au repentant
Le Repentir Sincère : Doit remplir cinq conditions (pour être accepté), qui sont :
- La Sincérité envers Allah, le Très-Haut : la personne doit le faire seulement pour Allah et dans la recherche de Sa récompense et le salut de Sa punition.
- Le Remords : pour le péché qui a été commis, au point qu’il soit triste pour ce qu’il a fait et souhaite ne l’avoir jamais fait.
- Arrêter : de commettre le péché immédiatement. Si le péché était contre Allah, donc il doit (1) arrêter de le faire si c’était un acte illicite, ou (2) s’empresser de le faire si c’était une obligation qu’il a abandonné. Et si le péché était contre une créature (comme des gens), alors il doit s’empresser de s’en libérer, en cessant de l’affliger ou en recherchant son pardon.
- Détermination : à ne pas retourner de nouveau à ce péché dans l’avenir.
- Le repentir ne doit pas arriver aprés le temps où son acceptation est terminée, par la mort ou par le lever du soleil de l’ouest. Allah dit : « le Repentir est inefficace pour ceux qui commettent des péchés constamment jusqu’à ce que la mort vienne à l’un d’entre eux, il dit : En vérité je me repens maintenant. » Le prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « quiconque se repent avant le lever du soleil de l’ouest, Allah acceptera son repentir. » [Rapporté par Muslim]
Ö Allah, accorde-nous le repentir sincère et acceptez-le de nous, en vérité Tu es l’Audient, l’Omniscient.
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A méditer
Qui est cet Homme qui se prosterne devant Rien,
Qui ne fréquente pas les miens,
Qui du péché s’abstient,
Qui préfère rester fidèle,
Devant les Lois de L’Eternel ?
Qui est cet Homme qui se rapproche du Parfait,
De son corps purifié,
De ses actes éthérés,
Ne veut t-il pas séduire,
Se réduire à ses désirs,
De la vie se divertir et réjouir,
De rire et de se faire plaisir,
Pire ! Il préfère jeûner,
Prier, pleurer et invoquer,
Il préfère lire le Coran,
Implorer le Clément,
Nourrir les pauvres croyants,
Mais où est le point faible de cet Homme ?
N’y a t-il pas exception à la Règle,
Comment puis-je l’égarer,
Comment le contrôler,
Comment le basculer,
M’emparer de son coeur,
Afin que de Dieu il n’est plus peur,
M’emparer de son âme,
Afin qu’il commette le Haram,
Impossible, il ne veut pas,
Il a la Foi,
Et à chaque fois que j’essaye de le dévier,
Il ne fait que de s’écrier:
« Je me réfugie auprès D’Allah, contre Satan le lapidé »
A méditer
AL HAQAA-IQAL KOUBRA
AL HAQAA-IQAL KOUBRA – LES GRANDES REALITES
L’expérience démontre aisément que nous obéissons plutôt aux superstitions et à la tradition qu’à la doctrine pure dont nous avons héritée du Prophète. L’héritage de Mouhamad, c’est l’ensemble de toutes les vertus qui ont fait les héros du Ciel.
L’Islam n’est qu’un tremplin, et le plus sûr pour guider l’humanité vers le salut.
L’Islam peut être considéré comme une aventure passionnante ; aventure qui a pour point de départ le ventre maternel et qui ne saurait prendre fin qu’avec les flancs inconsolables de la tombe.
L’essentiel c’est de mettre l’accent sur ce que l’Islam appelle « AL HAQAA-IQAL KOUBRA », c’est à dire les grandes réalités. Les réalités de tous les temps et de tous les siècles et qui veulent que l’homme ait pour objectif principal la réalisation de l’unité profonde et organique de la création.
La littérature coranique n’a-t-elle pas permis aux musulmans de se familiariser avec tous les grands systèmes, à la seule condition qu’un souffle divin y soit maintenu.
Il s’agit non seulement d’organiser la vie mais plus précisément d’éterniser la vie par une action rémunératrice et permanente. Il s’agit enfin d’aimer l’action de vie de rendre culte à Dieu. Il s’agit enfin d’ériger la conscience en centre d’attraction où tous les jeux de perfectionnement sont autorisés.
Maîtriser le Verbe de sorte qu’Il reste le fondement du dialogue, dialogue entre Créateur et créature et, dialogue entre les hommes, dialogue entre la société et la nature ; mais que ce dialogue soit authentifié par une action concrète et parfaitement réaliste.
L’homme n’est autre chose qu’un élément de synthèse dont l’humilité reste non seulement le fondement, mais la signification de sa grandeur. C’est effectivement un moyen et une occasion pour ce dieu tombé du Ciel de redevenir ici-bas le favori de la compétition inter-universelle. C’est là le sens que le Créateur accorde à la liberté et c’est une manière qui lui singulière de désigner un vicaire. Un sens et une manière qui ont pour point de référence la dignité de l’homme. Cette dignité qui fait appel chaque jour à toutes les dispositions physico-cérébrales afin que l’équilibre soit maintenu à tous les niveaux chez l’homme et dans tous les domaines où il évolue :
c’est l’âme avec son inclination au sacré
c’est l’intelligence avec sa soif de découverte
c’est l’esprit avec ses ressources inépuisables
c’est la passion plongée dans sa quête d’approfondissement perpétuel et de divertissement
c’est le corps humain avec son légitime besoin d’aliments nutritifs
c’est surtout l’homme élément qui est là pour en assurer équitablement la répartition. Sinon, tout est obscur dans le plus obscur des mondes.
Source : prière n° 3486 : Cheikh Ahmed Tidiane Sy.
La place de la vierge Marie dans le Coran
Marie est une femme qui jouit d’un statut particulier dans le Coran. Marie est évoquée 34 fois dans les textes, c’est la seule femme nommée dans le Coran. La sourate « 19 » porte son nom et lui est entièrement consacrée. Elle est respectée dans l’Islam pour ses vertus, son humilité et sa piété qui en font un modèle de foi et de vertu. Elle est la femme pieuse et humble par excellence.
Notre lecture reste intimement lié à notre histoire, à notre éducation et à notre foi. La place de Marie dans le Coran mérite que l’on s’arrête un peu sur le Coran. Livre sacré pour les musulmans parole de Dieu, reçue par l’envoyé de Dieu Mohammed (psl) par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. Le prohète, en sa qualité de messager, la transmettait à son tour aux hommes telle quelle a été reçue et en était l’illustration parfaite par son comportement et sa manière d’être.
Parler de Marie dans le Coran pour le musulman c’est parler d’un exemple à suivre pour tous les hommes et les femmes soucieux de leur foi et qui souhaitent atteindre la vertu et la sagesse ; tous les hommes et les femmes qui aspirent au degré de complétude morale et d’accomplissement spirituel.
La mère de Marie s’appelait Anne (Hanna en arabe). Son père, descendant de Salomon, se nommait ‘Imarân fils de Yashihim qui n’a rien à voir avec ‘Imrân, père de Moïse, de la même manière qu’il ne faut pas confondre Marie, mère de Jesus avec Marie, la sœur de Moïse et d’Aaron.
Hamza Boubakeur écrit : certains non musulmans ont longtemps cru qu’il y avait dans le Coran une confusion entre le premier et le second ‘Imrân et par conséquent (…) entre Marie [sœur de Moïse] et la Vierge. Pourtant nulle part dans le Texte sacré et ses commentaires on ne trouve trace de cette prétendue confusion… Ibn Khaldûn, qui s’étend longuement sur la généalogie de la Vierge, dit : « Il est dit dans la révélation coranique : « Marie fille d’Imrân ». Mais qu’on sache que le mot ‘Imrân a comme sens en hébreu yû’aquim (joachim) (le Coran, traduction et commentaire, tome 1).
Imrân et Anne, qui vivaient à Nazareth , n’avaient pas d’enfants. Ils étaient déjà très âgés quand Anne implora Dieu de Lui donner un enfant et fit le vœu de le vouer au culte de Dieu : « La femme d’Imrân dit :« Mon Seigneur ! Je Te consacre ce qui est dans mon sein ; accepte-le de ma part. Tu es, en vérité celui qui sait »(Sourate 3, verset 35).
Une fille naquit et fut nommée Marie. Anne en fut déçue quelque peu. Elle souhaitait un garçon parce que selon la loi hébraïque, une femme n’avait pas le droit de mettre sa personne au service du temple. On n’avait ,dit tabari, consacré aucune fille pour y rester toujours, parce que la femme est sujette aux menstrues, et qu’une femme qui se trouve dans cet état ne peut pas rester au temple, ni toucher un livre, ni réciter les prières, tout comme un homme souillé par une impureté.
Dans le Coran Dieu dit :
« Après avoir mis sa fille au monde, elle dit : « Mon Seigneur ! J’ai mis au monde une fille. » , Dieu savait ce qu’elle avait enfanté : « un garçon n’est pas semblable à une fille dit-elle, Je l’appelle Marie, je la mets sous ta protection, elle et sa descendance, contre satan le réprouvé »(Sourate 3, verset 36).
Cette exclamation de la mère de Marie expliquait sa tristesse car elle ne pouvait pas réaliser son vœu , celui de consacrer son enfant au culte de Dieu dans l’enceinte du temple . Mais Dieu accepta d’elle cette fille , pour enlever cette différence qui fut instaurer par l’homme et non par Dieu.
Cette égalité est rétabie par Dieu…..
‘Imrân mourut avant la naissance de sa fille Marie. Zacharie fut désigné en qualité de tuteur. Cette désignation fut acquise après avoir recouru à un tirage au sort qui consistait à jeter des flèches dans une rivière : le gagnant était celui dont la flèche demeurait à la surface de l’eau. « tu n’était pas avec eux lorsqu’ils jetaient leurs roseaux pour savoir qui d’entre eux se chargerait de Marie » (Sourate 3, verset 44).
Dieu a envoyé l’ange Gabriel : «Il dit : » je ne suis que l’envoyé de ton Seigneur pour te donner un garçon pur. »(Sourate 19, verset 19) Elle dit : » Comment aurait-je un garçon ? Aucun homme ne m’a jamais touchée et je ne suis pas une prostituée. »(Sourate 19, verset 20) Il dit : » C’est ainsi ! Ton Seigneur a dit : Cela M’est facile. Nous ferons de lui un signe pour les gens ; une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà décidée » »(Sourate 19, verset 21).
Tabari, célébre exégète du Coran, nous dit : les détracteurs prétendent que l’ange Gabriel n’est pas intervenu dans cet événement, mais c’est Joseph le charpentier qui a eu commerce avec Marie, et que Jesus est un enfant illégitime. Dieu a purifié Marie de tout soupçons, l’a louée et a rendu témoignage de son innocence. Il est dit dans le Coran : « Et Marie, fille de ‘Imrân, qui garda sa virginité. Nous lui avons insufflé de notre Esprit ; elle déclara véridique les paroles de son Seigneur ainsi que ses Livres : Elle fut des nombres des dévoués. » (Sourate 66, Verset 12).
Lorsque Marie sentit les douleurs de l’accouchement elle dit : « malheur à moi ! que je fusse déjà morte avant cet instant ! et que je fusse totalment oubliée » (Sourate 19, verset 23). Mais Dieu la réconforte et lui offre des dattes du palmier qui était au-dessus d’elle, et fait jaillir une source. Cette attention particulière venant de Dieu pour cette femme élue parmi les femmes est un enseignement pour nous.
Jésus dans ses bras, marie est retourné auprés des siens et les gens criait au scandale : « Elle se rendit auprès des siens, en portant l’enfant. Ils dirent : Ô Marie ! tu as fait quelques choses de monstrueux ! Ô sœur d’Aaron, ton père n’était pas un homme pervers, ni ta mère une femme de mauvaises mœurs »(Sourate 19, Versets 27 ; 28).
En l’appelant sœur d’Aaron, on donne à Marie l’épithète de sa tribu, parce qu’elle était de la tribu d’Aaron. Cette parenthèse est nécessaire car beaucoup de gens s’imaginent que le Coran fait une confusion entre Marie, mère de Jesus et Marie, sœur de Moïse et d’Aaron. Il est vrai que cette appelation d’une personne par le nom de sa tribu n’est pas habituelle en occident.
Dieu nous donne une parabole par l’exemple de Marie d’abord en tant que femme un être à part entière qui a son droit à la spiritualité, ensuite en tant que mère qui donne naissance à un homme de Dieu par excellence qui sera tout au long de son éxistence contre la violence et l’injustice fidèle à tous les autres messages…
Ô Marie Dieu t’a élue, Il t’a rendue pure, et t’a élue au-dessus de toutes les femmes de l’univers » (Sourate 3, verset 42).
Marie est un exemple et son histoire vient encore une fois par le récit qui est décrit dans le Coran témoigner de l’égalité homme femme dans la dévotion à Dieu et que la femme au même titre que l’homme est en droit d’aspirer à l’excellence, de développer un lien fort avec son Créateur et témoigner d’une intense spiritualité .
Marie a été spécialement choisie par Dieu, rendue pure, un modèle de foi en Dieu, de recours instinctif à Dieu, d’abandon à Sa volonté, de dévotion, de modestie , de piété et de recueillement, de silence respectueux, de prière et de jeûne.
Il y a plusieurs hadiths qui honore et réhabilite Marie et précise la mission de Jésus, notamment :
« la reine de toutes les femmes au Paradis » (Musnad, ibn Hanabl)
« Parmi les femmes, ceux qui sont meilleures moralement et spirituellement, il y a Marie … » (Tabari)
Conclusion :
Marie trait d’union entre les fidèles, et point de départ pour un dialogue fructueux. Un modèle dans son attention à Dieu, son obéissance à Sa parole, son aptitude au silence, à l’écoute et à la réflextion.
Dans l’Arabie pré-islamique, deux événements majeurs, en relation avec les chrétiens marquent le destin du Prophète : le premier, lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib en Syrie à l’âge de 7 ans Mohammed est reconnu, à certains signes, par le moine chrétien nestorien Bahira. Le second a lieu lors de la première révélation du Coran au Mont Hira qui troubla le Prophète et c’est un chrétien dénommé Warraka, parent de sa femme Khadija, qui lui confirmera sa mission prophétique .
On peut aussi ajouter qu’au cours de la période mecquoise où les musulmans étaient oppressés le Prophète Mohammed recommande à ses compagnons d’émigrer vers l’Abyssinie chrétienne avec qui il entretenait une relation cordiale et amicale.
En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et Marie. Ayant été touché par le respect avec lequel le Coran parlait de Jésus et de sa mère, il accorda sa protection aux premiers émigrés de l’Islam malgré la réprobation répétée des mecquois avec lesquels pourtant il entretenait un fructueux commerce. A sa mort, le Prophète Mohammed réunit ses compagnons et il fit avec eux une prière dans la mosquée de Médine pour le repos de son âme.
Un autre événement qui donne à réfléchir sur les relations qui existaient entre les deux communautés. Lorsque la délégation du Najrân (région se situant actuellement au Yémen) arriva à Médine avec soixante personnes et à sa tête un évêque pour voir le Prophète et passer avec lui un pacte d’alliance. Voulant prier il demandèrent un lieu pour célébrer l’office. Le Prophète leur suggéra que le meilleur lieu pour prier était sa mosquée : la maison dédiée à l’adoration de Dieu. Et pour la première fois la messe sera célébrée dans l’un des lieux les plus saint de l’Islam
On le voit, la reconnaissance et le respect de Jésus et de sa communauté existent dès le début de la mission du Prophète. Ainsi les rapports entre l’Islam et la chrétienté se trouvent dès le départ invités au dialogue et au respect mutuel. Comme les textes le prouvent, il existait un rapport fécond, d’une grande richesse d’échanges tant du point de vue intellectuel que spirituel.
Exposé de l’Imam Omar Mahassine
Administrateur du GIP-78 et Imam de la salle de prière de Carrières sous Poissy
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La place de Jésus dans l’Islam
Pour comprendre la place de Jésus (sur lui le salut et la paix) dans l’Islam il faut aller à la source, revenir au Coran : message divin révélé au Prophète Mohammed (sur lui le salut et la paix).
A l’avènement de l’Islam, il y avait de nombreux sujets de division entre les différentes communautés chrétiennes (les monophystes, nestoriens, priscilliens, ariens…) se réclamant du message de Jésus. Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ? Quelle place accorder à Jésus ? Dans ce contexte le Prophète Mohammed, à travers la révélation coranique, va honorer et réhabiliter Marie et préciser la mission de Jésus.
Dans l’Arabie pré-islamique, deux événements majeurs, en relation avec les chrétiens marquent le destin du Prophète : le premier, lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib en Syrie à l’âge de 7 ans Mohammed est reconnu, à certains signes, par le moine chrétien nestorien Bahira. Le second a lieu lors de la première révélation du Coran au Mont Hira qui troubla le Prophète et c’est un chrétien dénommé Warraka, parent de sa femme Khadija, qui lui confirmera sa mission prophétique .
On peut aussi ajouter qu’au cours de la période mecquoise où les musulmans étaient oppressés le Prophète Mohammed recommande à ses compagnons d’émigrer vers l’Abyssinie chrétienne avec qui il entretenait une relation cordiale et amicale. En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et Marie. Ayant été touché par la vénération et le respect avec lequel le Coran parlait de Jésus et de sa mère, il accorda sa protection aux premiers émigrés de l’Islam malgré la réprobation répétée des mécquois avec lesquels pourtant il entretenait un fructueux commerce.
A sa mort, le Prophète Mohammed réunit ses compagnons et il fit avec eux une prière dans la mosquée de Médine pour le repos de son âme. Un autre événement qui donne réfléchir sur les relations qui existaient entre les deux communautés. Lorsque la délégation du Najrân (région se situant actuellement au Yémen) arriva à Médine avec soixante personnes et à sa tête un évêque pour voir le Prophète et passer avec lui un pacte d’alliance. Voulant prier il demandèrent un lieu pour célébrer l’office. Le Prophète leur suggéra que le meilleur lieu pour prier était sa mosquée : la maison dédiée à l’adoration de Dieu. Et pour la première fois la messe sera célébrée dans l’un des lieux les plus saint de l’Islam
On le voit, la reconnaissance et le respect de Jésus et de sa communauté existent dès le début de la mission du Prophète. Ainsi les rapports entre l’Islam et la chrétienté se trouvent dès le départ invités au dialogue et au respect mutuel.
Comme les textes le prouvent, il existait un rapport fécond, d’une grande richesse d’échanges tant du point de vue intellectuel, artistique, commercial et spirituel, malgré les affrontements d’intérêts politiques, économiques, qui jalonnent l’histoire, chacun utilisant ses références religieuses et dogmatiques pour justifier sa domination. Ce bref aperçu évoqué, quel regard porte le musulman ouvert et sincère sur Jésus (Sidna Aissa) très souvent associé à Marie (Myriam) ?
Il est considéré comme un être spirituel exceptionnel. Exception confirmée par le Prophète quand il annonce le retour de Jésus pour les temps messianiques où la paix, la justice, l’égalité triompheront enfin sur terre.
Donc dans la conscience musulmane le retour de Jésus est une espérance. C’est la fin d’un cycle apocalyptique au cœur duquel se trouvent les germes du renouveau. Dès lors les hommes s’uniront pour oeuvrer au bien de l’humanité et terrasser le mal.
Ce que je viens d’évoquer, concerne l’aspect extérieur, l’aspect temporel celui lié au sens de l’histoire. Il existe un autre aspect peu connu c’est celui de la place accordée à Jésus par l’ésotérisme musulman. C’est celui relatif au verbe incarné de Dieu comme le dit le Coran sourate 4, verset 171 :
Cela signifie qu’il est intemporel. II ne peut être ni cerné, ni connu, ni localisé. Le message spirituel de Jésus ne peut pas se révéler à celui qui ne va pas à la source même d’où émane cette réalité divine. Dans l’ésotérisme musulman (Tacawwuf – soufisme), il y a des stations (degrés spirituels) pour chaque prophète évoqué dans la Bible, et dans le Coran. La station de Jésus est particulière et parmi les plus élevées. Son enseignement délivre une spiritualité pure sans lien déterminé dans le temps et dans l’espace.
Cette réalité se révèle à celui qui fait l’effort soutenu d’arriver à cette station, à ce maqqam de Sidna Aïssa (Jésus). Celui-ci, délivre un message extraordinaire : la force de l’amour à puissance sur tout. Par sa naissance Jésus nous apprend que les lois physiques, et temporelles qui gèrent la création peuvent être bouleversées voire inversées par le divin, telle la résurrection des morts. Notre conception du divin se référant uniquement aux lois qui gèrent le monde manifesté est si limitée, qu’elle nous empêche de comprendre la mission de Jésus et sa station. De ce fait, son message demeure inconnu pour le plus grand nombre.
Pour les soufis, Jésus est l’émanation ou la démonstration physique que l’être par une voie initiatique peut retrouver l’essence universelle qui donne équilibre et harmonie au monde manifesté, mystère de la création. L’avènement du message mohammadien vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message christique. Comme le dit le prophète Mohammed « Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète ». Ainsi le message mohammadien devient le miroir révélateur de Jésus car entre les deux prophètes il n’y a aucune altération, aucune rupture. C’est donc dans l’équilibre entre ses deux pôles que le mystère de la vérité se dévoile à l’homme.
Ce qu’on peut encore retenir du message de Jésus c’est que les valeurs matérielles du monde ne sont que l’ombre trompeuse des illusions qui nous égarent et exacerbent nos passions. A l’exemple de son entrée dans le temple pour le purifier, Il nous invite à se situer à la verticalité du Divin, symbole du soleil au zénith ou nulle ombre est perçue ou nulle illusion est permise. Par-là, l’homme est habité par l’esprit divin. Quant à Mohammed, il apporte lui l’équilibre de l’horizontalité, symbole du serviteur qui accepte totalement son appartenance au divin. Il se confie à Lui, et assume cette responsabilité d’en être le témoin dans le monde. Ainsi l’homme habité par le divin, réalise et manifeste l’état parfait de l’homme universel.
Selon l’ésotérisme musulman si Jésus de par sa naissance échappait aux lois physiques de la vie, sa mort devrait aussi échapper à celle de tout un chacun. Car il existe une réciprocité. Pour les musulmans en général et les soufis en particulier Jésus a été élevé à Dieu, n’étant d’ailleurs pas le seul puisque d’autres prophètes sont dans le même cas : Elie, Idris, Enoch, … Cette élévation est une occultation mais aussi une présence, une permanence.
Il était, n’est plus mais personne ne peut dire où il se trouve, ou qu’il n’existe plus. On ne peut le situer dans l’espace ou dans le temps, sans nier sa présence. Si on lui assigne une place, un rôle, une fonction même la plus sacrée, elle demeure en dessous de la vérité qu’il incarne car le message spirituel de Jésus est élevé et intemporel. Mais chacun par une démarche intérieure de purification, d’humilité, de pardon, d’amour peut retrouver l’essence de ce message, son parfum et sa béatitude.
J’ajoute qu’on pourrait aussi qualifier le message de Jésus de radical. Il ébranle la forteresse des croyances, des dogmes, des certitudes… notre conception limitée des choses de ce monde, qui n’ont de réelles valeurs qu’en étant rattachées à l’essence, à Dieu. Sans ce rattachement, les pouvoirs, les savoirs, les connaissances ne sont qu’illusoires. Le message de Jésus ne se comprend et ne se vit que dans l’amour absolu intransigeant et décapant.
Cette vertu, cet état d’être sont très difficiles à concevoir et à réaliser. Il suffit de voir comment nous vivons. Le constat est affligeant ! Quelles sont les valeurs qui déterminent notre époque ? Jésus est le verbe divin et les valeurs qu’il enseigne ne sont pas celles sur lesquelles reposent notre monde. Nous ne comprendrons son message et réaliserons cette transformation alchimique que par la quête de ces valeurs spirituelles et chevaleresques qu’il est venu pour nous enseigner.
Un message prophétique où l’homme est prêt à se sacrifier pour le bien être d’autrui afin que la Vérité demeure parmi nous. Ainsi il triomphe de l’absurdité de son égocentrisme , il renaît et il vit dans le monde parfait de l’Essentiel.
Qui laisse croire qu’il n’existe aucune réalité, hormis celle que l’homme s’impose dans ce conflit permanent avec lui-même et avec son prochain ? Incapable de pardonner car incapable de se pardonner. Aujourd’hui nous sommes dans les situations où le message de Jésus semble d’une urgence capitale, voire vitale. Notre monde est gravement malade, seule une médecine radicale peut le soigner.
Pourquoi tant de misère et de haine, de conflits et de corruption ? Au nom de qui ? Pour servir quels intérêts ?Au nom de Dieu ? Au nom d’Allah ?… Quel est le sens d’un monde en démence où personne n’ose dire la vérité par peur d’être incapable de la vivre et d’en assumer la responsabilité et les conséquences. La vérité est exigeante comme l’est le message de Jésus. Dans l’atmosphère dramatique de notre époque qui peut concevoir que pour trouver Dieu il faut tout donner. Quel est le pays, la communauté, l’être capable de tout donner pour tout recevoir ?
Dans le monde actuel ne pas tricher avec soi-même soulève mépris, ironie et sarcasme. Pourtant nous allons vers un monde qui nous impose d’ être et non de paraître. Humain se conjugue au verbe être et non au verbe avoir. C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend.
Que Dieu accorde sa grande miséricorde à tous les innocents qui périssent par la faute de l’incompréhension et de la bêtise humaine.
Cheikh Khaled Bentounès
Fraternité soufie Allawiyya, Président honoraire de l’Association Internationale des Amis de l’Islam, France. Président d’Honneur de l’Association Terres d’Europe























