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Lettre à Terry Jones

  
Cher Pasteur Terry Jones,


Cette lettre est peut-être tardive mais je tiens quand même vous dire, à vous et à tous ceux qui croient que brûler le Coran ou tout autre livre sacré est un moyen de chasser le mal de cette terre : cet acte ne sert à rien.

Brûler un Coran ne fait pas le bien, et cela ne chasse pas le mal. En fait, lorsque vous avez brûlé le Coran le 20 mars dans votre église de Floride, vous risquiez d’attiser plus de haine encore, car vous alimentiez la colère de certains musulmans qui estiment que brûler le Coran est une insulte à leur religion. Dans de rares cas, cela a même débouché sur des violences, comme en Afghanistan, où, la nouvelle de cette mise à feu du Coran s’étant répandue, certains imams, dans leur prêche du vendredi, ont incité les gens à protester. Lorsque ces manifestations ont débordé, elles ont fait plus de 20 morts dont sept fonctionnaires de l’ONU.

Je suis musulmane. Comme d’autres, qui vous ont fait part de leur colère, je tiens le Coran pour sacré. Il m’encourage à protéger les lieux saints de toutes les religions, me rappelle de toujours tolérer et respecter les convictions d’autrui, et de faire le bien à autrui. Il a poussé de nombreux musulmans à promouvoir le dialogue interconfessionnel, la démocratie, l’égalité entre les sexes et la justice sociale.

Dans les temps difficiles, la lecture de certains versets m’a apporté la paix de l’âme. Un mystique musulman a dit jadis que le Coran est la lettre d’amour d’Allah.

Cela étant, il ne me viendrait pas à l’idée de tuer ou de menacer quelqu’un qui aurait brûlé le Coran pour quelque raison que ce soit. J’exprimerais mon désaccord avec cette personne, je la mépriserais peut-être, surtout si cet acte était commis au nom de la justice, car tel ne peut être le cas.

Il est vrai qu’il y a dans le Coran des versets qui appellent littéralement à la violence contre les non-croyants. Mais de brûler le livre ne les fera pas disparaitre, pas plus que cela empêchera les musulmans qui le veulent de recourir à la violence. Cela ne veut pas dire non plus que je pourrais regarder sans réagir des coreligionnaires s’inspirer de ces versets pour inciter à la violence ou pour l’exercer. Leurs actes aussi méritent d’être condamnés.

Les paroles du Coran sont imprimées non seulement sur le papier, mais aussi dans la mémoire de chaque musulman et des milliers de huffaz qui l’apprennent par cœur.

Les musulmans croient que les paroles du Coran sont les paroles de Dieu. Elles sont au-delà du temporel, elles sont éternelles et conservées au ciel.

De ce fait – et je veux que mes coreligionnaires le comprennent aussi – le Coran que vous avez fait brûler est avant tout un artefact culturel. Il est le produit des efforts déployés par les humains pour conserver la parole de Dieu en ce monde. Puisque ce sont des produits culturels, nous pouvons toujours en créer de nouveaux.

Et d’ailleurs, ma mère faisait parfois brûler de vieux corans parce certaines pages avaient été grignotées par les mites, d’autres usagées, ou ailleurs parce l’écriture, trop décolorée, était devenue illisible. Elle les incinérait pour empêcher que quelqu’un ne marche sur les pages qui auraient pu tomber sur le sol. Elle en recueillait alors les cendres, qu’elle dispersait au fil de l’eau, pour les préserver d’une semelle impie. Pour ma mère, brûler le Coran était en fait une manière d’en préserver le caractère sacré.

Le Coran fait partie de notre relation immanente à notre Dieu, une source d’incitation à faire le bien et à défendre la justice, un rappel à la mort qui nous attend après la vie. Les versets qui nous apportent le message de la liberté de culte et du pluralisme sont bien plus nombreux que ceux qui appellent à la violence. Et ceux qui incitent effectivement à la violence se rapportent à des contextes et à des événements historiques spécifiques.

Il faut dire aussi que le monde musulman est en plein débat sur la façon dont il faudrait accommoder ces versets avec les messages de tolérance du Coran. De nombreux érudits musulmans ont consacré leur œuvre à la compréhension de ces versets sous un autre jour: soit en les replaçant dans leur contexte pour les lecteurs d’aujourd’hui, soit en les déclarant dépassés pour notre époque, soit en les réinterprétant dans le contexte d’autres versets.

Si vous voulez vraiment aider les musulmans à s’écarter de la violence, venez prendre ma main et celle de tous les musulmans qui veulent favoriser le dialogue sur la tolérance et le pluralisme. Vous apprendriez peut-être ainsi que le Coran peut être la source de ce dialogue.


Penang (Malaisie)


* Sri Murniati, diplômée du programme d’études islamiques de l’Université islamique d’Etat de Bandoeng, est écrivain et journaliste free-lance à Penang, en Malaisie.

Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).
  

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Rappel : l’importance de la mère en Islam

 

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Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

D’après Aicha (qu’Allah l’agrée), le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit: «J’ai dormis et dans mon sommeil je me suis vu dans le Janna et j’ai entendu la voix d’un lecteur en train de lire. J’ai dit: Qui est-ce? Ils m’ont dit: Ceci est Haritha Ibn Nu’man» alors le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dit: «Ceci est le bir (*), ceci est le bir», il faisait partie de ceux qui faisait le plus de bir envers sa mère».

(*) Bir : Le mot bir dans l’Islam peut avoir plusieurs sens:
si il est utilisé seul il peut prendre le sens de l’Islam comme dans le verset Baqara n°177, si il est utilisé avec le mot taqwa il signifie pratiquer les actes de bien comme dans le verset Maida 2 ou Moujadala 9 mais en général il signifie le fait de bien se comporter avec les parents comme dans le hadith en question.

(Rapporté par Ahmed, voir Sahih Al Jami’ 3371 de cheikh Albani et Sahih Al Mousnad de Cheikh Moqbil n°1536)

 

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L’Amour entre les serviteurs de Dieu (Al Mahabba)

Dans un hadîth Qudsî (attribué à Dieu) : ceux qui s’aiment en Moi, ils seront sous Mon ombre, le jour où il n’ y a pas d’ombre si ce n’est le Mien. Ils seront dans un très haut degré que même les prophètes et les martyres souhaiteront avoir.

Le verset 2 Sourate 5 :

« Aidez vous les uns les autres à l’accomplissement du bien et de la piété et ne vous entraidez pas à commettre le péché et l’agression »

Le verset 46 Sourate 8 :

« Obéissez à Dieu et à Son messager et ne vous disputez point sinon vous perdriez courage et votre ardeur s’en irait à jamais. Soyez patients, Dieu est certes avec ceux qui patientent »

Le verset 63 de la Sourate 8 :

« Il fit régner la concorde (concilier) entre leurs cœurs. Si tu avais dépensé tout l’argent de la terre, tu n’aurais pas pu la faire régner entre leurs cœurs, mais Dieu la fit régner entre eux-mêmes. Il est certes Puissant et Sage. »

« Vous n’entrerez pas au Paradis si vous n’avez pas la foi. Vous n’atteindrez guère la foi si vous ne vous aimez pas les uns les autres. …Répandez le salut (assalâm) et vous vous aimerez » Hadith

« Offrez vous des cadeaux les uns les autres, aimez vous » Hadith

Dieu dit dans le Coran : Sourate 49 versets : 10,11 et 12 :

« Les croyants ne sont que des frères. Ramenez donc la paix entre vos deux frères et craignez pieusement Dieu, peut être serez-vous comblés de sa miséricorde.

Deux frères (amis) s’aimaient en Dieu dans ce bas monde, le jour du jugement l’un deux devait mériter l’enfer car il lui manquait une bonne action dans la balance. Il demande alors aux anges de lui accorder une dernière chance pour aller chercher quelqu’un qui pourrait lui donner une bonne action…Il partit voir auprès de sa mère , celle-ci lui dit alors : mon fils je t’ai porté pendant 9 mois et je t’ai élevé dans le bas monde en me dépensant entièrement pour toi, mais ce jour je ne peux rien te donner, je suis dans l’attente et dans l’angoisse et je ne connais plus personne….Il partit voir alors son épouse, son père, puis ses frères dans le sang… Toujours la même réponse : personne ne peut lui donner quoi que ce soit car ce jour les bonnes actions comptent pour plus que les biens et les richesses du bas monde… Il se rappela alors qu’il avait un frère en Dieu qu’il aimait pour Dieu dans le bas monde. Il partit de suite lui demander la bonne action qui va le sauver…Mais, son frère en Dieu avait lui, une « balance équilibrée » : bonnes actions = mauvaises actions. Il était en attente de la Miséricorde et la grâce divine. Voyant sa peine, son frère en Dieu lui dit alors : ne t’inquiète pas je te donne la bonne action pour que tu rentres en Paradis…Le premier répondit : non je préfère accepter le décret divin et mon grand bonheur est de te voir toi au Paradis… Suite à cet échange entre ces deux frères en Dieu, Allah qu’il soit exalté les éleva en degré auprés de Lui, au dessus de tout le monde et les fit entrer dans les plus hauts degrés du Paradis sans jugement….C’est cela le vrai Amour, le vrai Altruisme.

Si on aime quelqu’un en Dieu, on l’aimera toujours quelque soit son état ou ce qu’il peut commettre après. Bien au contraire on l’aidera dans son combat contre Satan et l’âme charnelle par la façon la plus douce et la plus subtile.

On site l’exemple de deux vertueux qui s’aimaient en Dieu, un jour, un des deux disparaît longtemps sans donner de nouvelles…Son frère inquiet de ne plus avoir de ses nouvelles depuis des mois partit à sa recherche…Il finit par trouver son frère qu’il aime, séjournant dans la maison d’une prostituée. En voyant son frère il coura le saluer en manifestant son bonheur comme si rien ne s’est passé…Mais le malheureux qui avait glissé dans le chemin des passions n’osa pas regarder son frère, tellement il avait honte…le frère qui est venu de si loin resta pendant des jours aux côtés de son frère jusqu’à ce qu’il réussit à le sortir de son état d’insouciance et il revinrent ensemble chez eux….

Source : Doctrine Malikite

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L’humain est-il un ingrat ?

L’être humain est bizarre, parfois vraiment illogique.
Si on lui tient la porte pour qu’il puisse passer, il dit merci.
Si on lui offre un petit cadeau, par exemple une fleur, il dit merci.
Mais quand on lui offre des cadeaux inestimables, il ne dit plus rien. Pas très logique non ?

Allah le Très-Haut nous a donné la vie, la santé, le confort matériel, une famille, etc.
Le remercie-t-on ? Non.

Ce n’est pas pour rien qu’Allah dit plusieurs fois dans le Coran qu »en vérité, peu de gens sont reconnaissants ».

Que ferais-tu si tu devenais aveugle ?
Que ferais-tu si tu devenais sourd ?
Que ferais-tu si tu devenais muet ?
Que ferais-tu si tu devenais pauvre ?
Que ferais-tu si tu perdais ta famille ?
Que ferais-tu si tu perdais ta foi ?????????

Tu n’arrives pas à imaginer que ça puisse arriver, hein?
Et pourtant, tout est possible.
S’Il l’avait voulu, tu serais un SDF en ce moment.
Et surtout, s’Il l’avait voulu, tu ne serais pas musulman en ce moment.

L’être humain prend, prend, prend et croit que tout lui est dû.
« C’est tout-à-fait naturel » pense-t-il « que je reçoive toutes ces choses ». Il ne se rend pas compte que tout ce qu’il reçoit, ce sont des faveurs et des cadeaux de son Seigneur.

Et quand Le Seigneur décide de ne plus donner une toute petite chose parmi les milliers de cadeaux qu’il nous fait tous les jours, que fait l’être humain ?
Il pleure et se plaint comme un enfant gâté.
C’est vrai que l’être humain est un enfant gâté.

Avez-vous oublié le prophète Ayoub (as) ?
Allah lui avait donné les richesses, la santé et beaucoup d’enfants pendant plus de 70 ans.
Quand Allah swt a décidé de tester Ayoub en retirant un par un ces bienfaits, Ayoub a été patient.
Il n’a même pas osé demandé à son Seigneur de lui rendre la vie plus facile. Et tu sais ce qu’il disait à sa femme qui lui demandait d’implorer le Seigneur ?
Il disait qu’il avait vécu 70 ans de bonheur et que tant qu’il n’avait pas vécu 70 ans de malheur, il ne pouvait pas se plaindre. Vous imaginez ?
Le prophète Ayoub avait honte de se plaindre de ce qui lui arrivait. Ça, c’est de la patience. Mais n’oubliez pas qu’Allah aime quand ses serviteurs l’implorent, donc n’hésitez pas.
Le prophète Ayoub était à un niveau que personne d’entre nous n’attendra.

Notre bien-aimé Prophète a reçu d’Allah le meilleur des cadeaux: toutes ses fautes lui étaient pardonnées et le Paradis lui était promis alors qu’il était encore vivant. Il savait quel serait sa Demeure dans l’au-delà.
Toi, franchement, si on t’annonce que tu iras au Paradis, que ferais-tu ? Tu serais heureux et tu ferais la fête, non ?
Tu sais ce que notre bien-aimé prophète faisait ? Il priait toutes les nuits jusqu’à ce que ses pieds enflent. Et quand son épouse lui demandait pourquoi il priait tant alors qu’il savait qu’il allait au Paradis, que répondait-il ? Notre bien-aimé disait : « Ne serais-je pas un serviteur reconnaissant ? ».
Tu vois la gratitude ? Il aurait pu se contenter de remercier le Seigneur comme nous le faisons en disant une fois « Al hamdoulillah ».
Notre bien-aimé aimait se nourrir un jour et avoir faim le lendemain car quand il avait faim, il implorait son Seigneur et quand il mangeait il remerciait son Seigneur.

Nous, nous ne sommes que des ingrats, franchement.
En plus, quand on prie, on le fait en 2 minutes et dès qu’on finit, on est du genre « Allah, voici ma prière. Je te mets au défi de ne pas l’accepter ! ».
On mérite vraiment des claques.

Souviens-toi d’une chose, Allah ne te doit rien.
Mais tu Lui doit TOUT.
Tout ce qu’Il te donne, c’est un cadeau de Sa part.

S’Il te donne et que tu Le remercies,
Il te donnera plus ici et dans l’Au-delà.
Si par contre Il te donne et que tu es ingrat, pensant que tout t’est dû, alors profite bien de la vie sur Terre car ce sera probablement ta part de paradis. Il n’y aura peut-être rien de bien pour toi après la mort.

Tu crois que c’est parce que tu travailles 8 heures par jour que tu mérites tout ce que tu as ?
Tu crois que tu es indépendant ?
Si Allah le voulait, il enverrait un minuscule virus s’occuper de toi. Et là, on verra qui est si fort. Franchement, il faut se réveiller et dire à notre ego, à notre « nafs », de se taire un peu.

Maintenant, c’est quoi remercier Allah ?
Allah le Très-Haut n’a besoin de rien. Tout lui appartient déjà et il ne cherche pas à être ré-élu. C’est nous qui avons besoin de tout et de Lui.
Quand on le remercie, c’est pour notre propre bien.
Comme il est dit dans la sourate Louqman au verset 12 « …Sois reconnaissant à Allah, car quiconque est reconnaissant, n’est reconnaissant que pour lui-même ; quant à celui qui est ingrat, en vérité Allah se dispense de tout et Il est digne de louange ».
Donc quand tu fais du bien, c’est pour toi-même et quand tu fais du mal, c’est aussi pour toi-même.

Remercier Allah , c’est entre autres :
- faire beaucoup de dhikr (SoubhanAllah, Alhamdulillah, Allahou Akbar, etc.)
- prier et jeûner assidûment et sincèrement,
- et faire profiter les autres des bienfaits que ton Seigneur t’a accordé.

Toutes ces pratiques sont pour ton propre bien.
C’est comme si je te donnais un million de dollars et que je te disais que pour me remercier, tu devais manger à ta faim et te soigner avec cet argent !

Souviens-toi d’une chose :
si Allah te donne beaucoup, cela ne veut pas dire que tu es un ange et que tu mérites tout cela. Beaucoup de gens ont tendance à l’oublier.
Comme j’ai dit auparavant, cela peut-être ta part de paradis que tu reçois sur Terre car tu n’auras rien de bien après la mort.
Les compagnons de notre bien-aimé prophète pleuraient quand ils recevaient des biens matériels et de l’argent car ils avaient peur que ce soit leurs parts de paradis. Omar n’arrêtait pas de pleurer à cause de cela.

Tout ce que tu reçois est un test de la part de ton Seigneur . A toi d’être intelligent et reconnaissant.
Fais profiter les autres des choses que tu reçois.

Quand tu es heureux, remercie ton Seigneur en étant pieux. Quand tu es malheureux, invoque ton Seigneur et remercie-Le.

Un compagnon de notre bien-aimé Prophète avait deux enfants. L’un d’eux mourut.
Il dit « Que soit Loué, Celui (Allah) qui m’a donné deux enfants et qui n’en a repris qu’un ».

Aussi, si tu te souviens de ton Seigneur alors que tu vis dans le bonheur, Il se souviendra de toi quand tu seras dans le malheur. C’est une promesse que nous a faite le Très-Haut.
Donc tant que tout est tranquille dans ta vie, prends le temps de remercier Allah .

Maintenant que nous savons, ne soyons plus ingrats.

Allah swt donne la dounia à ceux qu’il aime et ceux qu’il n’aime pas, mais Il ne donne le din qu’ à ceux qu’il aime.

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Le dieu conditionné par la croyance

« Dites: nous croyons en ce qui nous a été révélé et en ce qui vous a été révélé; votre Dieu et notre Dieu sont un seul Dieu, et nous Lui sommes soumis (muslimun) » (Cor. 29: 46)

Ce que nous allons dire ici relève de l’allusion subtile (ishara) et non de l’exégèse (tafsir) proprement dite.

Dieu prescrit aux muhammadiens de dire à toutes les communautés appartenant aux « Gens du Livre »- chrétiens, juifs, sabéens et autres: « Nous croyons en ce qui nous a été révélé », c’est-à-dire en ce qui s’est épiphanisé à nous, à savoir le Dieu exempt de toute limitation, transcendant dans son immanence même, plus encore: transcendant dans sa transcendance même; et qui en tout cela demeure pourtant immanent. « Et en ce qui vous a été révélé », c’est-à-dire en ce qui s’est épiphanisé à vous dans les formes conditionnées, immanentes et limitées. C’est Lui que Ses théophanies manifestent à vous comme à nous. Les divers termes qui expriment la « descente » ou la « venue » de la révélation ne désignent rien d’autre que des manifestations (zuhurat) ou des théophanies (tajalliyat) de l’Essence, de Son verbe ou de tel ou tel de Ses attributs. Allah n’est pas « au-dessus » de quiconque, ce qui impliquerait qu’il faut « monter » vers Lui. L’Essence divine, Son verbe et Ses attributs ne sont pas localisables dans une direction particulière d’où ils « descendraient » vers nous.

La « descente » et les autres termes de ce genre n’ont de sens que par rapport à celui qui reçoit la théophanie et à son rang spirituel. C’est ce rang qui justifie l’expression de « descente » ou les expressions analogues. Car le rang de la créature est bas et inférieur alors que celui de Dieu est élevé et sublime. N’eût été cela, il ne serait pas question de « descendre » ou de « faire descendre » [la Révélation] et on ne parlerait pas de « montée » ou d »‘ascension  » , d « ‘abaisser » ou d »‘approcher ».
C’est la forme passive [dans laquelle le sujet réel de l'action exprimée par le verbe reste occulté] qui est employée dans ce verset car la théophanie dont il s’agit ici se produit à partir du degré qui totalise tous les Noms divins. De ces Noms ne s’épiphanisent, à partir de ce degré, que le nom de la divinité (c’est-à-dire le nom Allah), le nom al-Rabb (« le Seigneur ») et le nom al-Rahman (« le Tout-Miséricordieux »). [Parmi les témoins scripturaires de ce qui précède] Allah a dit: « Et ton Seigneur viendra » (Cor. 89: 22), et, de même, on trouve dans une tradition prophétique: « Notre Seigneur descend… » Allah a dit encore: « Sauf si Allah vient » (Cor. 2: 210), etc. Il est impossible qu’un des degrés divins s’épiphanise avec la totalité des Noms qu’il renferme. Il manifeste perpétuellement certains d’entre eux et en cache d’autres. Comprends!

Notre Dieu et le Dieu de toutes les communautés opposées à la nôtre sont véritablement et réellement un Dieu unique, conformément à ce qu`II a dit en de nombreux versets: « Votre Dieu est un Dieu unique » (Cor. 2: 163; 16: 22; etc.) Il a dit aussi: « Il n’y a de dieu qu’Allah » (wa ma min ilahin ila Llahu, Cor. 3: 62). Il en est ainsi nonobstant la diversité de Ses théophanies, leur caractère absolu ou limité, transcendant ou immanent, et la variété de Ses manifestations. Il S’est manifesté aux muhammadiens au-delà de toute forme tout en Se manifestant en toute forme, sans que cela entraîne incarnation, union ou mélange. Aux chrétiens, Il s’est manifesté dans la personne du Christ et des moines, ainsi qu’il le dit dans le Livre. Aux juifs, Il s’est manifesté sous la forme de ‘Uzayr et des rabbis; aux mazdéens sous la forme du feu, et aux dualistes dans la lumière et la ténèbre. Et II s’est manifesté à tout adorateur d’une choses quelconque- pierre, arbre ou animal…- sous la forme de cette chose: car nul adorateur d’une chose finie ne l’adore pour elle-même. Ce qu’il adore, c’est l’épiphanie en cette forme des attributs du Dieu vrai- qu’il soit exalté!-, cette épiphanie représentant, pour chaque forme, l’aspect divin qui lui correspond en propre. Mais [au-delà de cette diversité des formes théophaniques], ce qu’adorent tous les adorateurs est un, leur faute consistant seulement dans le fait de le déterminer limitativement [en l'identifiant exclusivement à une théophanie particulière].

Notre Dieu, celui des chrétiens, des juifs, des sabéens et de toutes les sectes égarées, est Un, ainsi qu’il nous l’a enseigné. Mais Il S’est manifesté à nous par une théophanie différente de celle par laquelle Il S’est manifesté dans Sa révélation aux chrétiens, aux juifs et aux autres sectes. Plus encore: Il S’est manifesté à la communauté muhammadienne elle-même par des théophanies multiples et diverses, ce qui explique que cette communauté à son tour comprenne jusqu’à soixante-treize sectes différentes, à l’intérieur de chacune desquelles il faudrait encore distinguer d’autres sectes, elles-mêmes variées et divergentes, ainsi que le constate quiconque est familier avec la théologie. Or tout cela ne résulte de rien d’autre que de la diversité des théophanies, laquelle est fonction de la multiplicité de ceux à qui elles sont destinées et de la diversité de leurs prédispositions essentielles. En dépit de cette diversité, Celui qui s’épiphanise est Un, sans changement de l’éternité sans commencement à l’éternité sans fin. Mais II Se révèle à tout être doué d’intelligence à la mesure de son intelligence. « Et Allah embrasse toute chose, et Il est le Savant par excellence » (Cor. 2: 115).
Il y a donc en fait unanimité des religions quant à l’objet de l’adoration- cette adoration étant co-naturelle à toutes les créatures, même si peu d’entre elles en ont conscience- du moins en tant qu’elle est inconditionnée, et non point quand on la considère sous le rapport de la diversité de ses déterminations. Et nous, musulmans, ainsi qu’II nous l’a prescrit, sommes soumis au Dieu universel et croyons en Lui. Ceux qui sont voués au châtiment ne le sont qu’en tant qu’ils L’adorent sous une forme sensible exclusive de toute autre. Seule connaît la signification de ce que nous disons l’élite de la communauté muhammadiennne, à l’exclusion des autres communautés. Il n’y a pas au monde un seul être- fût-il de ceux qu’on appelle « naturalistes », « matérialistes » ou autrement-qui soit véritablement athée. Si ses propos te font penser le contraire, c’est ta manière de les interpréter qui est mauvaise. L’infidélité (kufr) n’existe pas dans l’univers, si ce n’est en mode relatif. Si tu es capable de comprendre, tu verras qu’il y a là un point subtil: à savoir que quiconque ne connaît pas Dieu de cette connaissance véritable n’adore en réalité qu’un seigneur conditionné par la croyance qu’il a à son sujet, et qui ne peut donc se révéler à lui que dans la forme de sa croyance. Mais le véritable Adoré est au-delà de tous les « seigneurs »!

Tout cela fait partie des secrets qu’il convient de celer à quiconque ne suit pas notre voie. Prends garde! Celui qui les divulgue doit être compté parmi les tentateurs des serviteurs de Dieu; et nulle faute ne peut être imputée aux docteurs de la Loi s’ils l’accusent d’être un infidèle ou un hérétique dont on ne peut accepter le repentir. « Et Dieu dit la Vérité, et c’est Lui qui conduit sur la voie droite » (Cor. 33: 4).

Al Amir Abd el Kader
Mawqif 246.

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Les prodiges du cœur

C’est que le cœur se trouve apte à recevoir l’irradiation de la Réalité suprême qui est en toutes choses.

Rien en effet ne peut s’interposer entre le cœur et les choses si ce n’est l’un des cinq motifs que nous avons indiqués (la défiance du cœur lui même ; la ternissure des péchés et la rouille des passions ; tout ce qui peut distraire de la vérité ; les préjugés ; l’ignorance de l’endroit où se trouve l’objet cherché).

Et c’est comme un voile qui s’interpose entre le miroir du cœur et la tablette gardée sur laquelle est gravé tout ce que Dieu a dévoilé jusqu’au jour de la Résurrection.
Les réalités des connaissances s’irradient du miroir de la tablette sur le miroir du cœur, comme l’image produite sur un miroir s’imprimerait sur un autre placé devant lui.
Le voile qui est entre les deux miroirs et tantôt écarté par la main, tantôt par les souffles des vents qui l’agitent. Ainsi soufflent parfois les vents des grâces : les voiles alors sont levés de devant les yeux du cœur, et quelques-unes unes des choses tracées sur la tablette s’irradient en lui.
Cela se produit de temps à autre dans le sommeil, et l’on sait par ce moyen ce qu’il arrivera dans l’avenir.

Quant au complet enlèvement du voile, ce sera le fait de la mort en cet instant où est ôté ce qui cache la Réalité des choses.
Mais il arrive aussi que le voile soit écarté pendant l’état de veille, au point d’être soulevé par une grâce cachée de Dieu Très Haut, et quelque chose alors des merveilles de la science luit dans les cœurs de derrière le voile du Mystère (mystère de Dieu non révélé, l’incognoscibilité absolue de son essence, secondairement, les choses cachées et invisibles mais non connaissables de soi) : C’est parfois comme l’éclair rapide, d’autre fois une succession, mais limitée, et il est excessivement rare que cet état se prolonge.

Source : Ghazzali – Extrait de l’Ihya’ ulim al din

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La place de Jésus dans l’Islam

Pour comprendre la place de Jésus (sur lui le salut et la paix) dans l’Islam il faut aller à la source, revenir au Coran : message divin révélé au Prophète Mohammed (sur lui le salut et la paix).

A l’avènement de l’Islam, il y avait de nombreux sujets de division entre les différentes communautés chrétiennes (les monophystes, nestoriens, priscilliens, ariens…) se réclamant du message de Jésus. Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ? Quelle place accorder à Jésus ? Dans ce contexte le Prophète Mohammed, à travers la révélation coranique, va honorer et réhabiliter Marie et préciser la mission de Jésus.

Dans l’Arabie pré-islamique, deux événements majeurs, en relation avec les chrétiens marquent le destin du Prophète : le premier, lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib en Syrie à l’âge de 7 ans Mohammed est reconnu, à certains signes, par le moine chrétien nestorien Bahira. Le second a lieu lors de la première révélation du Coran au Mont Hira qui troubla le Prophète et c’est un chrétien dénommé Warraka, parent de sa femme Khadija, qui lui confirmera sa mission prophétique .

On peut aussi ajouter qu’au cours de la période mecquoise où les musulmans étaient oppressés le Prophète Mohammed recommande à ses compagnons d’émigrer vers l’Abyssinie chrétienne avec qui il entretenait une relation cordiale et amicale. En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et Marie. Ayant été touché par la vénération et le respect avec lequel le Coran parlait de Jésus et de sa mère, il accorda sa protection aux premiers émigrés de l’Islam malgré la réprobation répétée des mécquois avec lesquels pourtant il entretenait un fructueux commerce.

A sa mort, le Prophète Mohammed réunit ses compagnons et il fit avec eux une prière dans la mosquée de Médine pour le repos de son âme. Un autre événement qui donne réfléchir sur les relations qui existaient entre les deux communautés. Lorsque la délégation du Najrân (région se situant actuellement au Yémen) arriva à Médine avec soixante personnes et à sa tête un évêque pour voir le Prophète et passer avec lui un pacte d’alliance. Voulant prier il demandèrent un lieu pour célébrer l’office. Le Prophète leur suggéra que le meilleur lieu pour prier était sa mosquée : la maison dédiée à l’adoration de Dieu. Et pour la première fois la messe sera célébrée dans l’un des lieux les plus saint de l’Islam

On le voit, la reconnaissance et le respect de Jésus et de sa communauté existent dès le début de la mission du Prophète. Ainsi les rapports entre l’Islam et la chrétienté se trouvent dès le départ invités au dialogue et au respect mutuel.

Comme les textes le prouvent, il existait un rapport fécond, d’une grande richesse d’échanges tant du point de vue intellectuel, artistique, commercial et spirituel, malgré les affrontements d’intérêts politiques, économiques, qui jalonnent l’histoire, chacun utilisant ses références religieuses et dogmatiques pour justifier sa domination. Ce bref aperçu évoqué, quel regard porte le musulman ouvert et sincère sur Jésus (Sidna Aissa) très souvent associé à Marie (Myriam) ?

Il est considéré comme un être spirituel exceptionnel. Exception confirmée par le Prophète quand il annonce le retour de Jésus pour les temps messianiques où la paix, la justice, l’égalité triompheront enfin sur terre.

Donc dans la conscience musulmane le retour de Jésus est une espérance. C’est la fin d’un cycle apocalyptique au cœur duquel se trouvent les germes du renouveau. Dès lors les hommes s’uniront pour oeuvrer au bien de l’humanité et terrasser le mal.

Ce que je viens d’évoquer, concerne l’aspect extérieur, l’aspect temporel celui lié au sens de l’histoire. Il existe un autre aspect peu connu c’est celui de la place accordée à Jésus par l’ésotérisme musulman. C’est celui relatif au verbe incarné de Dieu comme le dit le Coran sourate 4, verset 171 :

Cela signifie qu’il est intemporel. II ne peut être ni cerné, ni connu, ni localisé. Le message spirituel de Jésus ne peut pas se révéler à celui qui ne va pas à la source même d’où émane cette réalité divine. Dans l’ésotérisme musulman (Tacawwuf – soufisme), il y a des stations (degrés spirituels) pour chaque prophète évoqué dans la Bible, et dans le Coran. La station de Jésus est particulière et parmi les plus élevées. Son enseignement délivre une spiritualité pure sans lien déterminé dans le temps et dans l’espace.

Cette réalité se révèle à celui qui fait l’effort soutenu d’arriver à cette station, à ce maqqam de Sidna Aïssa (Jésus). Celui-ci, délivre un message extraordinaire : la force de l’amour à puissance sur tout. Par sa naissance Jésus nous apprend que les lois physiques, et temporelles qui gèrent la création peuvent être bouleversées voire inversées par le divin, telle la résurrection des morts. Notre conception du divin se référant uniquement aux lois qui gèrent le monde manifesté est si limitée, qu’elle nous empêche de comprendre la mission de Jésus et sa station. De ce fait, son message demeure inconnu pour le plus grand nombre.

Pour les soufis, Jésus est l’émanation ou la démonstration physique que l’être par une voie initiatique peut retrouver l’essence universelle qui donne équilibre et harmonie au monde manifesté, mystère de la création. L’avènement du message mohammadien vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message christique. Comme le dit le prophète Mohammed « Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète ». Ainsi le message mohammadien devient le miroir révélateur de Jésus car entre les deux prophètes il n’y a aucune altération, aucune rupture. C’est donc dans l’équilibre entre ses deux pôles que le mystère de la vérité se dévoile à l’homme.

Ce qu’on peut encore retenir du message de Jésus c’est que les valeurs matérielles du monde ne sont que l’ombre trompeuse des illusions qui nous égarent et exacerbent nos passions. A l’exemple de son entrée dans le temple pour le purifier, Il nous invite à se situer à la verticalité du Divin, symbole du soleil au zénith ou nulle ombre est perçue ou nulle illusion est permise. Par-là, l’homme est habité par l’esprit divin. Quant à Mohammed, il apporte lui l’équilibre de l’horizontalité, symbole du serviteur qui accepte totalement son appartenance au divin. Il se confie à Lui, et assume cette responsabilité d’en être le témoin dans le monde. Ainsi l’homme habité par le divin, réalise et manifeste l’état parfait de l’homme universel.

Selon l’ésotérisme musulman si Jésus de par sa naissance échappait aux lois physiques de la vie, sa mort devrait aussi échapper à celle de tout un chacun. Car il existe une réciprocité. Pour les musulmans en général et les soufis en particulier Jésus a été élevé à Dieu, n’étant d’ailleurs pas le seul puisque d’autres prophètes sont dans le même cas : Elie, Idris, Enoch, … Cette élévation est une occultation mais aussi une présence, une permanence.

Il était, n’est plus mais personne ne peut dire où il se trouve, ou qu’il n’existe plus. On ne peut le situer dans l’espace ou dans le temps, sans nier sa présence. Si on lui assigne une place, un rôle, une fonction même la plus sacrée, elle demeure en dessous de la vérité qu’il incarne car le message spirituel de Jésus est élevé et intemporel. Mais chacun par une démarche intérieure de purification, d’humilité, de pardon, d’amour peut retrouver l’essence de ce message, son parfum et sa béatitude.

J’ajoute qu’on pourrait aussi qualifier le message de Jésus de radical. Il ébranle la forteresse des croyances, des dogmes, des certitudes… notre conception limitée des choses de ce monde, qui n’ont de réelles valeurs qu’en étant rattachées à l’essence, à Dieu. Sans ce rattachement, les pouvoirs, les savoirs, les connaissances ne sont qu’illusoires. Le message de Jésus ne se comprend et ne se vit que dans l’amour absolu intransigeant et décapant.

Cette vertu, cet état d’être sont très difficiles à concevoir et à réaliser. Il suffit de voir comment nous vivons. Le constat est affligeant ! Quelles sont les valeurs qui déterminent notre époque ? Jésus est le verbe divin et les valeurs qu’il enseigne ne sont pas celles sur lesquelles reposent notre monde. Nous ne comprendrons son message et réaliserons cette transformation alchimique que par la quête de ces valeurs spirituelles et chevaleresques qu’il est venu pour nous enseigner.

Un message prophétique où l’homme est prêt à se sacrifier pour le bien être d’autrui afin que la Vérité demeure parmi nous. Ainsi il triomphe de l’absurdité de son égocentrisme , il renaît et il vit dans le monde parfait de l’Essentiel.

Qui laisse croire qu’il n’existe aucune réalité, hormis celle que l’homme s’impose dans ce conflit permanent avec lui-même et avec son prochain ? Incapable de pardonner car incapable de se pardonner. Aujourd’hui nous sommes dans les situations où le message de Jésus semble d’une urgence capitale, voire vitale. Notre monde est gravement malade, seule une médecine radicale peut le soigner.

Pourquoi tant de misère et de haine, de conflits et de corruption ? Au nom de qui ? Pour servir quels intérêts ?Au nom de Dieu ? Au nom d’Allah ?… Quel est le sens d’un monde en démence où personne n’ose dire la vérité par peur d’être incapable de la vivre et d’en assumer la responsabilité et les conséquences. La vérité est exigeante comme l’est le message de Jésus. Dans l’atmosphère dramatique de notre époque qui peut concevoir que pour trouver Dieu il faut tout donner. Quel est le pays, la communauté, l’être capable de tout donner pour tout recevoir ?

Dans le monde actuel ne pas tricher avec soi-même soulève mépris, ironie et sarcasme. Pourtant nous allons vers un monde qui nous impose d’ être et non de paraître. Humain se conjugue au verbe être et non au verbe avoir. C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend.

Que Dieu accorde sa grande miséricorde à tous les innocents qui périssent par la faute de l’incompréhension et de la bêtise humaine.

Cheikh Khaled Bentounès

Fraternité soufie Allawiyya, Président honoraire de l’Association Internationale des Amis de l’Islam, France. Président d’Honneur de l’Association Terres d’Europe

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" Est inutile toute parole qui n'est pas sage. Est dissipation tout silence qui n'est pas méditation. Est pure distraction tout regard qui n'est pas considération. "
Al-Hasan

" Cette voie est la voie de Dieu : évitez toute haine et toute forme de dissension, Dieu ne visite pas un coeur haineux. Les conflits entre les différentes communautés ethniques ou religieuses sont liés au passé et nous ne devons pas être concernés par cela. "

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