Le foulard islamique… Pourquoi le porter ? Un choix personnel ?

 

Avant de raconter mon histoire personnelle à ce sujet, j’aimerais tout de même dire à nouveau haut et fort que l’on fait beaucoup de bruit pour rien, autour de ce foulard. Je suis cependant tout à fait ouverte aux questions, mais pas à la tendance que certains ont de vouloir me faire y renoncer.

Alors, mon histoire… Enfant, âgée de 7 ans environ, j’ai commencé à avoir conscience que ma famille était musulmane et que nous étions différents des petits Belges, Espagnols ou Italiens de ma classe : différents par notre deuxième langue ; différents par certains aliments (mais bien sûr, les frites, la purée et les spaghettis étaient nos plats préférés comme pour tous les enfants de ma classe eheh) ; différents aussi par certains de nos rites (les prières quotidiennes que, personnellement, je n’ai apprises qu’à l’âge de 10 ans ; le jeûne du mois de Ramadan, suivi en entier pour nous vers 12 ans ; et le port du foulard chez certaines de nos tantes. Ma maman, pour sa part, portait plutôt un fichu (qu’elle n’a pas porté, dès son arrivée en Belgique. Je pense que j’avais 6 ans quand elle a commencé à porter son fichu.)

Donc, inconsciemment, j’ai fait le lien entre foulard et respect de l’islam, de ce que Dieu nous demande de faire, au même titre qu’être polie, que réussir à l’école ou respecter mes parents.

Jamais, mes parents ne nous ont inculqué l’idée de devoir, un jour, porter le foulard. D’ailleurs, au Maroc, certaines de mes tantes ne le portaient pas ou le portaient «  à la marocaine », juste sur les cheveux avec le cou et les oreilles découverts.

Je savais, cependant, vers la fin de mon adolescence, tout en n’ayant pas vraiment appris grand-chose de l’islam (à part les 5 piliers, l’Unicité de Dieu, la place du Prophète et l’importance d’agir bien) ; que j’aimerais porter le foulard comme un pas supplémentaire dans mon respect des rites de l’islam.

Je vous assure que je ne voulais ni revendiquer, ni heurter. Je n’avais aucunement la sensation de me soumettre aux diktats masculins : aucun mâle de ma famille n’avait eu l’idée de m’imposer ce tissu recouvrant mes cheveux. D’ailleurs, je ne l’ai porté qu’à l’âge de 23 ans (après 5 ans de maturation et de recherche personnelle sur mon identité multiple) et à cet âge-là, j’avais perdu mon frère et mon père, paix à leurs âmes.

Aucun homme aux alentours donc…

En fait, le foulard est pour moi un vêtement prescrit, au même titre qu’une tenue ample, discrète, marquant une certaine retenue, une certaine pudeur. Avec le temps, je m’y suis habituée et il fait partie de mon style de vie, de ma relation à mon propre corps. A moi de décider ce que je veux montrer ou cacher. Et loin de moi, l’idée de mettre mal à l’aise celles qui se couvrent moins que moi. Et loin de moi, une obéissance aux frustrations masculines. Ce n’est pas pour eux que je cache mes cheveux et mon cou, c’est pour moi !

Et encore aujourd’hui dans ma vie, il n’y a pas d’hommes aux alentours. Ma famille marche plus sur un modèle matriarcal que patriarcal. Nous sommes des femmes de caractère !

Et l’avenir… avec les difficultés à trouver un emploi à la hauteur de mes compétences, sans doute serais-je amenée à ôter ce foulard dans mon lieu de travail, ou dans le meilleur des cas à le remplacer par un béret !

Eh bien, je vous confierai que cela m’angoisse beaucoup, non parce que Dieu m’en tiendrait rigueur (il y a d’autres choses plus importantes à changer dans ma personne, pour atteindre une paix spirituelle) mais parce que j’aurais l’impression de me dédoubler ou de me mentir à moi-même.

Message d’une soeur



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